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ARTICLE · 14 oct. 2026

De la physiologie cellulaire au yoga : comprendre l'effet Bohr et l'effet Haldane à travers le Pranayama

De la physiologie cellulaire au yoga : comprendre l'effet Bohr et l'effet Haldane à travers le Pranayama

Coucou les yogis,

Aujourd'hui parlons de la respiration si vous le voulez bien !

Commençons tout d'abord le voyage par l'effet Bohr, que personnellement j'ai découvert tardivement dans ma pratique, lors de ma formation YTT 200h. Le physicien célèbre qui a donné son nom à l'effet Bohr s'appelait Niels Bohr. L'effet Bohr a été découvert par son père, Christian Bohr, un médecin et physiologiste danois.


+ Comment ça marche l'effet Bohr ?

Pour résumer, l'effet Bohr est une fonction naturelle du corps qui permet de délivrer l'oxygène là ou nos muscles et nos organes en ont le plus besoin:

Dans le sang, c'est une protéine (l'hémoglobine dans les globules rouges) qui transporte l'oxygène depuis les poumons vers le reste du corps et lorsqu'un muscle travaille, il consomme de l'énergie et produit des déchets (du CO2 et de l'acidité). C'est là qu'intervient notre effet Bohr, plus le milieu est riche en acidité et en CO2, plus l'hémoglobine délivre facilement l'oxygène.

Une métaphore qui m'a été transmise et que je souhaitais vous partager à mon tour:

Imaginez l'hémoglobine comme un camion de livraison entre les poumons, les muscles et les organes : l'effet Bohr c'est le bouton qui renverse la benne du camion. Plus le milieu de livraison est riche en CO2 et acidité, plus la livraison est rapide et ciblée dans ce milieu.


+ Et le voyage retour ? Parlons de l'effet Haldane !

Cet effet à été découvert par John Haldane, médecin et physiologiste écossais. L'effet Haldane est l'opposé de l'effet Bohr, c'est à dire qu'il explique comment le CO2 est chargé dans le sang pour être éliminé par les poumons. Reprenons notre métaphore du camion de livraison, une fois le camion vidé de son oxygène, il devient un aimant à CO2, il ramène les déchets des muscles et organes aux poumons

En résumé L'aller c'est l'effet Bohr et le retour c'est l'effet Haldane.


+ Et les idées reçues la dedans ?

Contrairement aux idées reçues, l'inspiration n'est pas exclusivement de l'oxygène et l'expiration exclusivement du CO2. L'air expiré contient énormément d'oxygène pour la simple et bonne raison que le temps d'échange n'est pas suffisant pour que le sang capte tout l'oxygène, le corps ne cherche pas à vider complètement l'oxygène mais à ajuster ce dont le sang à besoin.

Un muscle qui travaille chauffe (on le sent souvent pendant la posture de la chaise ou de la planche prolongée !)

Cette hausse de température augmente l'effet Bohr (en diminuant l'affinité de l'hémoglobine pour l'oxygène) . Echauffer ses muscles avant l'effort sert donc directement l'effet Bohr.


+ Quel rapport avec le pranayama ?

Les anciens yogis, sans connaître la biologie moderne, ont mis au point des techniques qui manipulent précisément la chimie de notre sang.

Dans le pranayama, on modifie directement cet équilibre chimique (équilibre oxygène et CO2).

En ralentissant le rythme de la respiration ou lors des rétentions de souffle (Kumbhaka), on sature le corps en CO2 et on acidifie légèrement le milieu.

Cette hausse de CO2 est le signal d'alarme pour l'hémoglobine. Paradoxalement, et c'est, je pense difficile à accepter par rapport aux idées reçues, retenir sa respiration permet de mieux oxygéner ses muscles et ses organes qu'en respirant normalement.

En augmentant la tolérance du corps au CO2 on optimise l'effet Bohr. Votre sang libère l'oxygène beaucoup plus facilement ce qui permet d'améliorer l'énergie et la concentration.


+ Vous avez souvent entendu en yoga de respirer avec le nez, pourquoi ?

Lorsqu'on respire par la bouche on a tendance à rejeter trop de CO2 d'un coup., le sang devient alors trop alcalin (inverse d'acide), l'hémoglobine retient trop l'oxygène. C'est pour cela qu'on peut avoir des vertiges en hyper-ventilant par la bouche.

Le nez filtre, réchauffe et ralentit le flux d'air et conserve une quantité idéale de CO2 dans les poumons.


+ Un exemple de pranayama pour parler de ces effets ?

Prenons deux exemples pour présenter ces effets:

Pour notre premier exemple prenons l'un des pranayama le plus célèbre pour parler de ces effets: j'ai nommé Nadi Shodhana.

Nadi Shodhana est un pranayama dit 'équilibrant', son but étant de purifier les canaux énergétiques (nadis). Ce pranayama résume à lui tout seul tout ce qui vient d'être dit.

Nadi Shodhana est une respiration lente, contrôlée et profonde. La rétention naturelle du CO2 en obstruant une narine permet de réduire le débit d'air de moitié. Le rythme respiratoire ralentit naturellement. Cette obstruction permet au CO2 de s'accumuler légèrement dans le sang. Cette hausse du CO2 précise à l'hémoglobine de libérer l'oxygène de manière continue. La diffusion de l'oxygène est alors constante et optimale ce qui explique cette sensation de clarté mentale.

Lorsqu'on ajoute les rétentions de souffle à cette pratique, par exemple une rétention à poumons pleins on vient pousser l'effet Bohr à son maximum ce qui permet de libérer un maximum d'oxygène.

Pour une rétention poumons vides, comme l'hémoglobine à libéré tout son oxygène, elle se transforme en aimant à CO2 pour ramener les déchets vers les poumons. C'est l'effet Haldane en action !

Pour le deuxième pranayama, présentons un pranayama qui fonctionne de manière totalement inverse à Nadi Shodhana, je parle de Kapalabhati

Kapalabhati est un pranayama dit 'dynamisant', il se pratique en réalisant des expirations forcées, rapides et successives, suivies d'inspirations passives.

Pendant les expirations rapides, on évacue du CO2 bien plus rapidement que le corps est capable d'en créer, ce qui a pour effet de bloquer l'effet Bohr. Le taux de CO2 s'effondre et pour reprendre la métaphore de nos camions, la livraison d'oxygène ne se fait pas. Le sang est alors saturé d'oxygène (donc tout l'inverse de Nadi Shodhana) mais les organes (surtout le cerveau) et les muscles n'en reçoivent pas car l'effet Bohr est bloqué. Ce qui amène souvent une sensation de légèreté et un effet dynamisant (dû à la libération également d'adrénaline)

On propose souvent de terminer Kapalabhati par une phase de rétention (souvent poumons pleins), c'est alors que tout prend sens:

Pendant la rétention, le CO2 remonte très rapidement et l'acidité revient ce qui déclenche l'effet Bohr de manière très puissante. Les organes et les muscles reçoivent alors une dose d'oxygène importante. C'est cette alternance (arrêt de l'effet Bohr puis déclenchement de l'effet Bohr) qui crée cet état méditatif que l'on ressent à la fin du pranayama.


Je vous invite à tester ces deux pranayamas, sensations garanties.

Je vous remercie pour ce temps de lecture et j'espère que l'effet WAHOU a la fin de cet article sera aussi important que celui que j'ai ressenti quand j'ai compris cela pour la première fois!

Très belle journée les yogis ! ☀️





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